CREATION D'UN OBSERVATOIRE CARTOGRAPHIQUE D'UN TERRITOIRE

Auteures : Cécile GUIBERT, CISALI et Mathilde CEAUX, Arboritech

Date de rédaction de l'étude : 2017


Contexte : ce travail a été réalisé dans le cadre du projet PAQT (Pour une Agriculture en Qualité Totale) sur le territoire de la coopérative QUALISOL. Ce travail a été réalisé en 2017. Les résultats du projet sont à présent publics.


L’objectif de PAQT est de conduire un territoire rural dans une démarche de qualité totale. Pour atteindre cet objectif, chaque partenaire (innovation broker) engagé au côté de la coopérative Qualisol, apporte des compétences et des méthodes spécifiques. La démarche de PAQT repose sur la mobilisation autour des agriculteurs, des salariés de la coopérative, des acteurs économiques et institutionnels du territoire et des consommateurs, pour développer des territoires-qualité agricoles.


Rapidement l’équipe projet fait le constat qu’il existe un grand nombre de données et informations internes et externes sur les caractéristiques socio-démographiques, sur l’activité agricole et économique du territoire qui pourraient permettre une connaissance plus fine du territoire d’action de la coopérative. L’idée de créer un outil dynamique de capitalisation et d’intelligence territoriale, pouvant être mis à la disposition des équipes (notamment l’équipe projet) et au service de la stratégie de la coopérative (outil d’aide à la décision), émerge.


Ce premier travail est une brique de 'réflexion' apporté au projet et à l'entreprise, dans la perspective de créer un outil d'intelligence territoriale au service de ses activité et de sa stratégie. Ce modèle est duplicable à d'autres contextes territoriaux.


LES CONSTATS DE DEPARTS


Constat 1 : la coopérative ne dispose pas (à date de l'étude) de moyens techniques partagés et transversaux qui permettraient de mieux appréhender son territoire d’action, de mesurer l’impact de toutes ses activités, et d’anticiper les évolutions du territoire. La lecture de son territoire d'action n'est pas harmonisée entre les acteurs dont les métiers diffèrent. La collecte, le croisement et l’analyse de données de caractérisation du territoire et de l’activité déployée par la coopérative peut constituer une valeur ajoutée pour l’entreprise.


Constat 2 : Les institutions productrices de données (INSEE, recensement agricole, SCOT, etc.) contribuent à la description du territoire. La capitalisation et le croisement de ces données « macro » peut déjà constituer un socle important pour mieux appréhender le territoire.


Constat 3 : Par son activité toute structure qui agit au cœur d'un territoire, produit également des données au quotidien. Les démarches et projets d’innovation déployés sont également générateurs de données pertinentes pour témoigner de la dynamique de l’entreprise. La superposition de ces données « micro » (produite à l’échelle de l’entreprise) aux données « macro » apportera probablement des éléments « d’intelligence territoriale » pertinents pour l’entreprise.


Constat 4 : L’écosystème d’acteurs, qui gravite autour de l'entreprise, est lui aussi générateur de données (données méso). La mise à disposition de ces données est rarement « gratuite ». Toutefois, la création d'un outil de compréhension et d’intelligence territoriale peut séduire ces acteurs et ainsi constituer les bases d’une négociation gagnant-gagnant.


HYPOTHESE DE DEPART ET OBJECTIFS DE LA DEMARCHE :

Un observatoire cartographique dynamique implanté et partagé au sein de l’entreprise pourrait être un véritable outil différentiant et un véritable outil d’aide à la décision au service de la stratégie de l’entreprise.


Objectif 1 : Produire de l’information pertinente et fine au service de la stratégie de l’entreprise

Objectif 2 : De créer un outil d’usage quotidien (veille, représentation de l’activité, etc.) pouvant aider l’activité de certaines unités de production (conseil, commercialisation, achat, activité des dépôts).


On peut envisager le croisement de plusieurs niveaux et natures de données (données sociodémographiques, pédoclimatiques, activités agricoles, activités de la coopérative, marché, concurrence, etc). Les données peuvent être traduites sous forme de tableaux, de graphiques, et de cartes (interactives). Le principe est de superposer sur un même plan des couches d'informations (de données) différentes, délimitées spatialement par des fonds de carte au maillage choisi (limites de communes, de cantons, de zones de production, de parcelles, etc.) couvrant le territoire d'activité . Grâce à des solutions numériques existantes, l’outil peut être interactif, utile, précis, utilisable et actualisé en temps réel.


CONSTRUIRE ET SUPERPOSER TROIS NIVEAUX DE DONNEES


Nous proposons de construire l’outil sur la base de trois niveaux de données : macro (données institutionnelles), méso (données produites au sein du territoire dans l’écosystème ), micro (produites par l’activité de la coopérative). Le choix de trois échelles est pertinent pour approcher le territoire d'actions, tant pour la mise en valeur des détails que la vue d'ensemble.



Niveau de données macro : Niveau d'échelle grâce auquel on peut appréhender le territoire dans sa globalité, par les grandes dynamiques à l'œuvre. Il s'agit de la plus grande échelle de données et de représentation cartographique. C'est une photographie de l'état économique, démographique et social du territoire, qui permet la comparaison avec des situations passées notamment. Les données du recensement agricole se situent sur cette échelle.


Niveau de données méso :

Échelle moyenne qui permet d'appréhender des données plus précises, notamment les interactions entre les acteurs sur le territoire et les données les plus générales les concernant. C'est le niveau de représentation de l'organisation des activités


Niveau de données micro :

Il s'agit de la plus petite échelle et des données les plus fines, permettant de visualiser les détails (échelle de la commune, de l'exploitation)




L'intérêt majeur de cet outil cartographique est dans le croisement des données de ces trois différents niveaux sur une même carte et de produire des données statistiques. La cartographie permet de créer des liens et de rendre des informations de natures diverses sous une forme visuelle immédiatement compréhensible.


UN OUTIL TRANSVERSAL AU SERVICE DE TOUS (salariés, partenaires, agriculteurs)


En conciliant les différentes lectures des divers acteurs en les confrontant et en représentant leur territoire d'action, le rayonnement de leurs activités ainsi que des données objectives. La cartographie amène une clarté de lecture et une approche plus objective des problématiques du territoire. En ce sens l'outil de cartographie est un outil transversal et une brique essentielle pour la prise de décision.

Ces informations centralisées, hiérarchisées en trois niveaux, peuvent être un levier dans la compréhension des dynamiques à l'œuvre et la prise de décision.

Une utilité stratégique pour le développement : Le but est de comprendre les processus en cours, à moyen et long termes, pour pouvoir anticiper :

  • où déployer de nouvelles infrastructures ;

  • comprendre les raisons des réussites ou des échecs de certains projet par la prise en compte d'informations spatialisées;

  • optimiser la logistique en observant les itinéraires des camions mais aussi en mettant en avant la proximité de ces axes ou des dépôts avec des zones d'habitation et des lieux grands publics (prise en compte de l'urbanisation et des conflits d'usages qui en découlent, des nuisances), etc...

Des données techniques immédiatement utiles dans le travail de terrain (on peut l'envisager comme un complément aux outils déjà existants offrant la possibilité d'une prise de recul sur le territoire d'habitude appréhendé par des données micro très précises). Ces données seront utiles notamment pour les techniciens de suivi des agriculteurs et les agriculteurs eux-mêmes.

Une mise en valeur de données utiles à des fins de communication, on peut envisager de communiquer sur des évènements, sur des labels, sur des magasins, sur des points de vente directs répertoriés, etc. On pourrait également imaginer dans ce cadre le développement d'une application où chacun des acteurs et des adhérents pourraient se connecter pour consulter des données ou en renseigner.



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© 2016 par Charline Magnou